Adishatz / Adieu – Théâtre du Rond-Point
Est-ce que ce monde est sérieux ? Bijou noir d’autofiction sans tabou, ce solo fait entendre les confidences d’un oiseau rare. Jonathan, sur scène ou en loge, chante a capella. Voix pop et de haute-contre, il devient une reine de boîte de nuit, il / elle déroute et bouleverse.
Il arbore une capuche d’adolescent et un accent de Tarbes. Jonathan, seul en scène, chante a capella. Voix pop et de haute-contre, il entonne des tubes de Madonna qui voisinent avec Purcell ou des chants traditionnels du Sud-Ouest, et devient jukebox. La voix chantée se transforme et dévoile alors les carnets intimes, notamment une conversation téléphonique avec un père montagnard resté au pays. Figure énigmatique d’adolescent ondulant et gracieux, Jonathan se métamorphose en blonde peroxydée. Il devient une reine des boîtes de nuit de province avec son lot de dérapages et de confusion, où l’émotion collective vire souvent au drame dans un brouillard artificiel.
Marionnettiste, comédien ou collaborateur interprète chez Gisèle Vienne, proche d’Yves-Noël Genod, de Vincent Thomasset, de Marlène Saldana et Jonathan Drillet, Jonathan Capdevielle a quarante ans. Il joue avec mélancolie d’une adolescence à laquelle il ne dit pas complètement adieu. Il construit une œuvre complexe, danse de vie et de mort, ponctuée des codes de la culture pop et des postures des clips vidéo. Autoportrait singulier d’un jeune homme lui-même devenu artiste, Adishatz / Adieu, créé en 2010, déroute et bouleverse. Bijou noir d’autofiction sans tabou, ce sont les confidences d’un oiseau rare.
Pierre Notte
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